Mise à jour : 1er août 2026
Notre ingénierie pédagogique est basée sur la 3D. Elle s’appuie sur des travaux de recherche publiés et sur des évaluations des enseignements.
L’anatomie est au programme de nombreuses formations des domaines Santé et Sciences du Sport. C’est une discipline fondamentale pour les futurs spécialistes de la motricité. Elle est donc souvent enseignée en 1ère année de formation, dès la rentrée universitaire, alors que les promotions rassemblent des profils d’étudiants souvent hétérogènes.
Traditionnellement, cette science peut se découper en deux grands chapitres : l’anatomie descriptive et l’anatomie fonctionnelle. La première décrit des données observées sur un cadavre. La seconde s’intéresse davantage à la fonction des os, des articulations et des muscles. L’importance accordée à chacun de ces deux chapitres peut varier suivant les enseignants et/ou les programmes d’enseignement.
Ce projet aborde essentiellement l’anatomie fonctionnelle. A ce titre, des notions de paléoanthropologie et des références au système fascial sont introduites progressivement dans les cours depuis 2018.
Les sciences développent un discours verbal et graphique régi par des règles, des conventions et des usages maîtrisés par la communauté scientifique. La compréhension de ce discours et la maîtrise des connaissances nécessitent des compétences spécifiques et donc la maîtrise de pré-requis.
L’anatomie obéit à ces caractéristiques. Elle décrit et/ou modélise des formes géométriques (en ostéologie notamment) au sein d’un espace en trois dimensions, leurs rapports, leurs déplacements dans l’espace et les conséquences de ces déplacements. L’étudiant est donc conduit à se déplacer mentalement et en permanence dans les 3 directions de l’espace autour des organes étudiés.
Dans ce contexte, le projet « Anatomie 3D Lyon 1 » repose sur la thèse de Thiriet qui identifie au moins 3 prérequis dont la maîtrise semble nécessaire pour la compréhension de l’anatomie : une bonne capacité visuo-spatiale (dans les 3 directions de l’espace), une bonne capacité à créer des images mentales et des rotations mentales ainsi que, bien sûr, une familiarisation minimale au discours scientifique.
Si ces prérequis ne sont pas maîtrisés, les limites des mots – et celles de l’enseignant – sont rapidement atteintes. Ipso facto, les évaluations des enseignements démontrent que l’anatomie est considérée par les étudiants comme une « matière sélective et théorique, exigeant des efforts de mémoire peu productifs ».
La prise en compte de ces compétences chez des étudiants de 1ère année n’est pas systématiquement intégrée dans les programmes officiels. Ce ressenti des étudiants peut être masqué par une mémorisation stérile d’informations. Ce ressenti peut s’amplifier lorsque les cours se concentrent sur l’anatomie descriptive et lors de contrôles organisés sous forme de QCM.
Le recours aux nouvelles technologies peut être une solution aux problèmes de l’apprenant – et de l’enseignant ! – mais leur utilisation n’est pas un gage de réussite systématique.
Pour valider un projet aussi ambitieux et solliciter des financements pérennes, des travaux de recherche ont été menés par l’équipe A. Guillot, C. Collet, N. Hoyek et P. Thiriet au sein du laboratoire LIBM, sur le thème « Neuro-sciences et enseignement de l’anatomie ». Ils sont complétés par la thèse de Sandra Berney (laboratoire TECFA, université de Genève, 2014) qui porte sur le rôle des animations pédagogiques dans un contexte d’apprentissage multimédia. Un bilan de ces travaux est présenté dans l’ouvrage La pédagogie universitaire à l’heure du numérique (éd. De Boeck, 2014) et Printemps du Numérique (université de Nanterre, juin 2015; cf vidéo de cette conférence ou le bilan recherche LIBM par N Hoyek.pdf).
La pertinence de ces recherches et associées à des réalisations 3D a été reconnues par le Prix PEPS 2017 du Ministère de l’Enseignement Supérieur (catégorie Recherche, candidature « projet « Anatomie 3D Lyon 1″: dix ans de recherches expérimentales et de production de ressources 3D »).
Une partie de ces travaux ont été réalisés sous la direction de N. Hoyek, maître de conférences à l’UFRSTAPS et ex-conseiller pédagogique et scientifique au Ministère de l’Enseignement Supérieur.
Sa mutation en 2024 et le départ en retraite du Pr Christian Collet en 2025 ont freiné cet élan mais d’autres collègues du LIBM se concentrent sur l’imagerie mentale (Pr Aymeric Guillot, Frank Di Rienzo).
Nos vidéos 3D sont des « animations » d’objets 3D. Les « objets 3D » sont un ligament, une partie d’un os, un os, un muscle, etc. A partir d’un scénario rédigé par l’enseignant, ces objets sont créés et animés par l’infographiste qui, ensuite, leur donne un « rendu » à partir d’une charte graphique définie. Le scénario est rédigé en fonction de l’expérience de l’enseignant appuyée par l’expérience de l’infographiste. Ainsi, la technologie 3D permet-elle la création d’images mentales simples progressivement complexifiées (exemple : le bassin-bassine). Les images mentales, la structuration de l’espace et les rotations mentales sont facilitées par une figurine qui se substitue aux trois axes classiques et, dans certaines vidéos d’anatomie fonctionnelle, réalise les mouvements étudiés.
Deux types d’enquêtes systématiques ont été menés de 2008 à 2012 en collaboration avec le service iCAP-Lyon 1 (1083 étudiants : 794 étudiants en Staps + 289 de l’ISTR) :
Ces enquêtes ne sont plus proposées depuis 2014. Les bilans étaient comparables. Les remarques à propos du cours écrit ont été prises en compte. Actuellement, les évaluations se limitent à celles réalisées par les responsables des formations concernées. Ces évaluations sont positives assurant ainsi la pérennité du projet.
FOVEA (Formation Ouverte par le Virtuel en E-learning en Anatomie) regroupe la plupart des ressources 3D créées ce qui permet de structurer une véritable chaîne éditoriale et une ingénierie pédagogique innovante basée sur la réutilisation des objets 3D créés :
1 – des vidéos 3D (non sonorisées)
Les vidéos sont produites sous Quicktime, format permettant un visionnement image par image en cours magistral. Consultées sur Youtube ou Myvidéo Lyon1, elles permettent avec l’aide d’un cours écrit une révision efficace.
2 – des vidéos sonorisées
Deux outils permettent de sonoriser une vidéo 3D :
– Camtasia : son utilisation est aisée
– Rapidmooc : cette régie permet d’intégrer le corps de l’enseignant qui commente la vidéo originelle (Exemple: le subscapulaire)
A ce jour, la moitié des vidéos environ est sonorisée.
3 – un cours écrit complet intégrant des d’images extraites des vidéos 3D
Le format Quicktime permet d’intégrer par simple copié-collé des images extraites des vidéos sur un fichier Word. Le texte suit le déroulement des vidéos. Des liens renvoient vers les vidéos 3D. La possibilité d’ouvrir une vidéo à un moment précis n’est pas exploitée pour l’instant.
Ce cours est remis dès la premier cours aux étudiants. Il est téléchargeable à partir de FOVEA. Il est proposé en deux formats: PDF et Word qui permet aux étudiants de compléter ce document durant le cours magistral.
4 – des QCM intégrant des séquences ou des images extraites des vidéos 3D
La rédaction de QCM pertinents pour l’exercice d’une profession est un exercice très complexe…. L’intégration aux QCM de courtes séquences extraites des vidéos permet de proposer des questions plus pertinentes d’un point de vue pédagogique.
5 – des contrôles de connaissances (QCM ou rédigés, contrôle continus ou terminaux) intégrant des images extraites des vidéos 3D ou des questions des QCM de FOVEA
Cette démarche permet de boucler cette chaîne éditoriale.
6 – D’autres ressources 3D peuvent ponctuellement compléter ce dispositif, en particulier :
– des applications 3D temps réel : l’onglet » 3D temps réél »
– des fichiers pour l’impression 3D d’objets créés (cf vidéo). Des fichiers permettant l’impression 3D des objets créées (os, organes) sont en accès libre sur le site Anatomie 3D Lyon 1.
Cet élan a toutefois été fortement ralenti pour trois raisons majeures: l’évolution des spécialisations des collègues d’iCAP, le temps et l’énergie nécessaires pour l’aboutissement de tels projets, l’évolution des conditions d’attribution des financements d’Etat.
Les vidéos sont projetées dans l’ordre établi sur FOVEA. Le format Quick Time permet une projection image par image, des accélérations des images, des arrêts sur image, des retours en arrière.
Le cours écrit intégrant des images extraites des vidéos est distribué avant le 1er cours magistral. Cette procédure répond à une demande des étudiant.
Depuis 2019, les cours magistraux se structurent à partir du plan de l’organisation de FOVEA qui renvoie vers la chaîne Youtube Anatomie 3D Lyon 1 (Exemple: le membre supérieur). Les avantages sont :
– le plan du cours est affiché avant chaque ouverture de vidéo
– l’ouverture de la vidéo est rapide et la qualité des images est optimale (HD possible pour les vidéos créées à partir de 2015). Un bloqueur de publicité peut être nécessaire.
La pollution des vidéos sur Youtube peut perturber cette organisation. Un bloqueur de publicité peut limiter cette pollution. L’utilisation de la chaîne MyVideo Anatomie 3D Lyon 1 permet de pallier ce problème.
Les limites de la 3D, un autre rôle pour l’enseignant
D’autres sciences exigent les mêmes pré-requis pour une bonne compréhension. Ainsi le département de géologie du MIT a sollicité notre équipe dans le cadre d’une conférence à Boston (cf annonce) et une collaboration a pu s’engager (cf Geosciences 3D, financement Ministère de l’Education Nationale, Paris). Deux experts du MIT sont venus se former au service ICAP-Lyon1.
Texte rédigé par P. Thiriet. Pour tout renseignement complémentaire : patrice.thiriet@univ-lyon1.fr
Mise à jour 1et août 2026